lundi 9 décembre 2013

Effets d'annonce...


Je n'ai pas posté de nouvel article
depuis belle-lurette (comme aurait
dit Gai-Luron...).


Or, j'aurais eu beaucoup à raconter ou partager, mais je souhaite que ce "journal de bord" se limite à l'évolution de la réalisation de ce projet.
Il se passe des choses...
Je mettrai prochainement en ligne une info qui va en intéresser beaucoup (j'espère)...
Il y aura des surprises, des cadeaux (mais oui !) et la perspective de quelque chose de plus intéressant encore qu'un film tout seul, comme ça.

Entre parenthèses, j'ai également créé un petit groupe Facebook que l'on peut rejoindre ici, où plein de documents s'échangent allègrement :

Je n'en dirai pas plus aujourd'hui.
Ce en quoi je reste vraiment dans la philosophie de communication des Editions Vaillant avec leurs jeunes lecteurs, qui ne cessaient d'annoncer pour la semaine ou même le mois suivant des nouveautés, des surprises, des changements...

Je vous laisse d'ailleurs avec quelques échantillons... assez représentatifs, j'espère, de ce que je vais pouvoir vous proposer. ;-)

Le changement, version Tabary.

Bandeau de Gotlib

Annonce de changement par Kamb.


Grand chambardement, dessiné par Cézard, dans son style inimitable
de foisonnement de détails et de personnages...


mardi 28 mai 2013

10. Pourquoi les Roumains pleurent de joie en évoquant PIF...


PIF, un héros... roumain !

C'est peu de le dire : Pif a représenté beaucoup pour la jeunesse des années 60 à 80, bien au-delà de l'Hexagone.

Je ne parle pas seulement du personnage, évidemment, mais de toute la petite cosmogonie créée par les éditions Vaillant.

Et parmi les pays dont cette lecture a pu affecter la jeunesse de 3 générations au moins, il y a en première ligne la Roumanie.
Bien entendu, les éditions Vaillant émanant du Parti Communiste Français, les "pays frères" du bloc communiste ont eu droit à la lecture de l'illustré homonyme plus facilement que celle de Mickey... (et n'oublions pas que le chien Pif créé par Cabrero Arnal a débuté dans les pages du journal L'Humanité ! avant de s'imposer dans celles de Vaillant !).

Au-delà de ce contexte politique en toile de fond (une très grande partie des jeunes lecteurs de Vaillant et Pif-Gadget, en Roumanie, n'a jamais eu conscience d'une appartenance de ces revues à une quelconque mouvance politique), il y eut entre les jeunes Roumains et Pif-gadget, dès son apparition en 1969, une véritable relation fusionnelle, qui ne s'est jamais démentie et fait presque l'objet aujourd'hui d'un culte mémoriel.

Pour s'en convaincre, il suffit d'évoquer Pif auprès d'une personnalité roumaine en âge de l'avoir lu dans sa jeunesse. Non seulement ce journal a représenté (en particulier sous le régime Caucescu) un véritable bol d'air frais, au parfum de liberté et de fantaisie, mais qui plus est, il a donné envie à un nombre incroyable de futurs lecteurs de se mettre au français, ou de le perfectionner !
C'est précisément ce que disent les intervenants du reportage que l'on pourra visionner un peu plus bas.


Durant l'été 2012 s'est tenue à Bucarest une exposition intitulée "Pif en Roumanie, un héros de l'âge d'or". Elle était organisée par l'Institut Français de Roumanie, sous la direction de son attaché culturel Didier Dutour et Jean-Pierre Dirick (auteur du personnage enquêteur "Tim" dans la dernière mouture de Pif-gadget jusqu'en 1994) en avait été le commissaire. (un ancien dessinateur d'enquêteur devenu, le temps d'un été, "commissaire", c'est assez cocasse...)

Didier Dutour, attaché culturel en Roumanie, et Jean-Pierre Dirick
Le succès de cette expo et le type de commentaires nostalgiques et souvent poignants qu'elle a suscités donnent un peu la mesure de cette relation très spéciale de la Roumanie envers ce journal.
Et bien évidemment, il en sera question dans le film, dans une séquence assez riche dont je ne révèle rien ici... ;-)

J'ai tourné lors du Salon du Livre en mars dernier (dont l'invité d'honneur était la Roumanie !) un petit reportage autour d'une rencontre consacrée précisément à cette expo et à l'impact de Pif dans ce pays.
On y retrouve, hormis les 2 principaux protagonistes de l'expo, Jacques Kamb (auteur d'innombrables récits et gags dans Vaillant et Pif-gadget pendant presque 40 ans ! - voir ma chronique sur lui ici), des auteurs de BD roumains et à la fin, le témoignage de 2 personnalités présentes sur le salon, qu'on n'attend pas forcément sur ce sujet... 
(Lors de la rencontre, il y eut un moment très émouvant - que pudiquement je n'ai pas mis dans le montage - quand la traductrice, Mariana, se mit à fondre en larmes en entendant Alex Tamba évoquer la magie indicible de son premier Pif-gadget, reçu pour Noël, car pour elle aussi cette découverte de Pif dans son enfance était restée un souvenir merveilleux et la porte d'accès à un "ailleurs" souriant et plein de promesses...)

(cliquer sur l'image ci-dessous pour voir la vidéo : )


(Pour plus d'infos sur le contexte et le déroulement de l'expo, voir ici le blog que lui a consacré J-Pierre Dirick : )

Mais si je veux pouvoir illustrer de manière plus intime et détaillée ce qu'a pu représenter la lecture de Vaillant et Pif-gadget pour les jeunes Roumains, il m'est impossible de ne pas évoquer d'autres personnes (certaines apparaissant dans le futur film) pour lesquelles cette lecture de jeunesse a eu une conséquence très concrète. Si Alex Tamba (auteur de BD vu dans mon reportage) se souvient encore de son "plus beau Noël" dont le cadeau était 2 Pif-gadget avec lesquel il a pu s'endormir ; si Ileana Surducan (auteure de BD elle aussi) regrette de n'avoir pas connu à la grande époque "ce Pif dont tout le monde me parle depuis que j'ai commencé à dessiner" et si l'ancien Ministre des Affaires Etrangères roumain Adrian Cioroianu explique qu'il y a appris le français, je souhaite donner la parole à d'autres anciens lecteurs, dont les témoignages croisés apportent encore quelques précisions et le parfum du vécu :
Il faut tout d'abord mentionner Mircea Arapu

Ce dessinateur, peintre et auteur roumain aujourd'hui quinquagénaire a été baigné dès l'enfance dans les récits des auteurs des éditions Vaillant. A la fin des années 70, il créait le 1er fanzine de BD roumain en langue française et finit par réaliser un vieux rêve : venir en France et être accepté par la rédaction de Pif-gadget en 1982. On lui propose de reprendre le personnage d'Arthur le fantôme de l'un de ses dessinateurs préférés, Jean Cézard (décédé en 1977). Lourde tâche pour cet ancien lecteur, fan de la série et du style inimitable de son créateur, mais qui s'y emploie consciencieusement et surtout avec tout le respect qu'il voue à son Maître. Son style se perfectionne au fil des épisodes mais les années 80 ne sont malheureusement pas une période faste pour Pif-gadget, aux formules à géométrie variable et aux finances en dents de scie. Il quitte le journal en 1987. Mais il reviendra pour un tour de piste supplémentaire de 4 ans lors de la courte résurrection de Pif-gadget en 2004 et cette fois fera partie intégrante de la rédaction (et réalisera plusieurs couvertures du journal et illustrations intérieures, entre autres).

Quelques reprises d'Arthur le Fantôme par Mircea Arapu
J-Luc - Quel souvenir as-tu gardé de Vaillant, dans ton enfance ?

Mircea : "Dans mes plus anciens souvenirs, Vaillant existait déjà à la maison. Ses personnages, surtout ceux en couleurs, m’ont donné pour toujours la passion du dessin et de la peinture. Les premiers Vaillant étaient des recueils des années 1951-1952, et ont été remplacés par un abonnement au magazine vers la fin des années 50 qui a continué jusqu’en 1963. Ce journal m'a donné une envie irrépressible de découvrir la France et plus tard, d'y travailler. "

J-Luc : - Quelle importance a eu cette lecture, à ton avis, si on pense à ton futur parcours professionnel ?

Mircea : "Tout d’abord par l’image. Aux côtés des livres de mon enfance (entre autres, l’édition originale des aventures du Baron de Munchausen, illustrée par Gustave Doré), Vaillant a été pour moi le principal moteur de ma passion pour le dessin et du choix de ma future carrière. La lecture de ma collection m’a mis en état de penser en français. Vaillant était pour nous la soupape de la France et de l’Occident."

J-Luc : Qu'ont pu représenter, justement, Vaillant et Pif-gadget pour la jeunesse roumaine ?

Mircea : "Pour plusieurs générations d’enfants et de jeunes, entre 1950 et 1989 pour faire court, Vaillant et Pif ont représenté la possibilité de communication et de liaison avec un monde interdit. La France découvrait l’année dernière l’importance, souvent oubliée, qu’à eu cette publication, pour la prolongation en période communiste de la francophilie historique des Roumains."

Mircea Arapu a écrit un livre-témoignage déjà paru en Roumanie et qui devrait prochainement paraître aussi en France, dont le titre résume bien son propos : "Quand je serai grand... je ferai Pif !" 

Nous retrouverons Mircea Arapu prochainement sans doute, et de toutes les manières, il fera partie de l'aventure de ce film - en tant qu'ancien collaborateur de Pif-Gadget, mais aussi pour son regard sur certains des auteurs et rédacteurs du journal, sans mentionner évidemment son expérience de lecteur roumain ! :-)

Mircea a créé un blog, dans lequel cette page offre son regard (et ses photos) sur l'exposition :


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Parmi mes rencontres liées à Pif dans le cyber-espace, il y a Lucian Ciucu.
Réalisateur pour la Télévision Nationale Roumaine, il a insisté auprès de sa hiérarchie pour "couvrir" l'exposition sur Pif en 2012 pour la télé. Il était impensable pour lui de ne pas en conserver une trace. 
il considère lui aussi que sa vie a été marquée de façon indélébile par sa lecture de Vaillant et Pif-gadget :

J-Luc : ton premier souvenir de Pif ?

Lucian : "C'est vers 9-10 ans que j'ai commencé à acheter mes premiers Vaillant, par l'intermediaire d'un bon ami de mon grand-pere (ex-camarade de prison politique), qui tenait le kiosque de journaux de la gare de Piteshti (ma ville natale). J'ai pu me procurer le seul exemplaire de Vaillant qui arrivait par train dans cette ville-la, moyennant un petit pourboire (l'exemplaire coutait 4 lei et je lui en laissais genereusement 5 !).
C'etait presque l'événement le plus important de la semaine et l'accès au Vaillant était vraiment très sélectif, en raison du strict contrôle idéologique de l'époque : seuls les gens bien placés au Parti pouvaient s'y abonner. Ca a été, donc, la première chance de ma vie et je ne l'ai pas ratée : en quelques mois, stimulé par la "bande a Pif", je me suis retrouvé presque magiquement à comprendre le français !"

(Son premier souvenir marquant - à la lecture du premier Vaillant qu'il ait eu entre les mains vers 7 ans, sans comprendre les textes encore - a été une grande planche de Cézard tirée de l'histoire "Arthur contre César", où il découvrait du même coup ses premiers... Gaulois. Ensuite, avec Pif-gadget, il s'identifiera tour à tout à Teddy Ted, puis Corto Maltese.)

J-Luc : Quel impact a pu avoir cette lecture d'enfance sur le reste de ta vie ?

Lucian : "Vaillant - Pif a marqué pour toujours ma vie. Comme je disais, cette lecture a contribué à parfaire mon francais (stupéfiant mes profs à l'ecole !), mais aussi m'a permis plus tard de lire en francais des bouquins essentiels de philosophie ou religion, interdits ou introuvables en roumain sous le régime communiste. Et ca m'a aidé énormément, apres 1989, dans mon nouveau métier de réalisateur (notamment de films à sujets religieux, les premiers en Roumanie - pour la chaine nationale de TV.)
Puis, Vaillant a été une exceptionnelle école de dessin. J'ai fait quelques etudes en la matière, mais en analysant et copiant allegrement les grosses pointures de Pif, j'ai compris le mouvement et la dynamique interne du dessin, envisageant le graphisme d'une maniere vivante, éloquente. Même si je ne suis jamais devenu un dessinateur professionnel, j'ai publié dans de grands journaux et revues roumaines, j'ai fait des couvertures et des illustrations pour des livres, avec un certain succès. Et la "marque Pif" dans mes creations graphiques est indéniable..."

J-Luc : Que dirais-tu de l'influence qu'a pu avoir Pif sur les jeunes Roumains, y compris idéologiquement ?

Lucian : "Je pense que la Roumanie a été un deuxieme pays d'adoption pour l'univers Pif, en vertu de la facilité à parler français des Roumains, qui sont des Latins (tandis que, pour les pauvres pifophiles Hongrois ou Bulgaires, le français devait être de... l'hebreu!).
Il y a peut-etre ici aussi des influences qui tiennent de l'Histoire. Les jeunes qui ont connu et fréquenté Vaillant-Pif etaient des gens dont on pourrait considérer aujourd'hui qu'ils font partie de l'élite intellectuelle roumaine. Et ils sont tous redevables de "l'expérience Pif", qui a été une fenêtre ouverte vers la culture occidentale (qu'on supposait, à l'époque, libre et favorisant la dignité humaine). On savait que Pif provenait des milieux communistes, mais on n'a jamais pu y dénicher une quelconque propagande pernicieuse - on aurait sûrement laissé tomber si on avait decouvert des tentatives propagandistes dans cette publication. Donc, contre tous les détracteurs occidentaux de Pif, je lui confère un "certificat de propreté ideologique" !"

Le documentaire pour la télé roumaine réalisé par Lucian, à l'occasion de l'exposition de Bucarest, qui est l'occasion pour lui de raconter l'histoire de Vaillant et Pif :
http://www.youtube.com/watch?v=o6tCJoCmIyA

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Enfin, il y a une personnalité incontournable : Dodo Niță.

Reconnu aujourd'hui comme le plus grand spécialiste de la BD en Roumanie, il a organisé le Salon de la Bande Dessinée en Roumanie (avec l'aide de l'Alliance Française), qui connaîtra cette année sa 23e édition. 

L'"interview" ci-dessous est en réalité une version remaniée de son portrait tiré du catalogue de l'exposition de Bucarest en 2012 :

"Je me souviens encore aujourd'hui, avec le même plaisir indicible, ce jour du mois de janvier rigoureux de la première semaine de l'année 1977, quand le facteur a sonné à ma porte et m'a remis une publication sous cellophane. 
Après avoir fermé la porte, j'ai commencé à pousser des cris tout en sautillant de joie : je tenais entre mes mains la revue "Pif-gadget". 
Il s'agissait du numéro 402. 
Pif-gadget 402
Le lendemain, je demandais à mon prof de musique de nous apprendre l'ocarina... car cet instrument était le gadget de ce numéro ! 

L'histoire avait commencé un an auparavant, quand j'avais vu pour la première fois quelques Vaillant chez mes camarades plus âgés. "

(Dodo Nita raconte ainsi, comment démarre "son" histoire personnelle avec Pif-gadget, alors qu'il a 13 ans. )

"Mes parents ont accepté de m'abonner à la revue, ce qui était relativement facile pour eux car ils travaillaient à la Poste. Mais son prix était était élevé : 500 lei par an. J'ai appris plus tard à quel point j'avais été un "privilégié" du régime communiste, car beaucoup d'enfants souhaitaient s'abonner mais n'y parvenaient pas. Souvent, ils devaient ajouter au prix de la revue vendue au numéro par un kiosquier un pourboire conséquent, de la main à la main."

Influence de Pif-gadget sur la suite...

"Lorsque j'ai eu mon premier "Pif-gadget", je n'étudiais le français que depuis 2 ans, et j'étais obligé d'avoir recours sans cesse au dictionnaire pour comprendre les dialogues des histoires. Je me souviens encore de l'histoire de Loup-Noir face au grizzly, de Docteur Justice dans une expédition en Arctique, de Horace, cheval de l'ouest... J'ai rêvé pendant une demi-journée avec ces héros et la diversité qu'offrait cette revue.
Pif-gadget m'a permis de découvrir des écrivains français, dont on adaptait des récits en BD : Jules Verne, Robert Merle, Victor Hugo... J'y ai également puisé des valeurs qui m'ont aidé à forger mon caractère.

J'ai conservé un intérêt pour la bande dessinée, au point de partir en France après la chute du régime Caucescu, à la rencontre de quelques créateurs de mes personnages préférés. J'ai pu ainsi interviewer Tabary, Greg, Cance, Chéret, Corteggiani, etc..."

(Dodo Niță a écrit plusieurs ouvrages sur la bande dessinée (et récemment, avec l'aide de son ami Mircea Arapu, le premier ouvrage sur l'histoire de la bande dessinée roumaine).
Il prépare également la publication d'un ouvrage autobiographique, dans lequel Pif-gadget tiendra une place centrale...)

Mircea Arapu et  Dodo Nita
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Ajoutons à ces témoignages, celui de Vladimir PACURARU, dont le grand-père reliait lui-même tous les Vaillant et qui vit et travaille aujourd'hui en France. On peut le lire dans "Mon Camarade, Vaillant, Pif-gadget : l'histoire complète 1901-1994" de Richard Médioni.
(cliquer sur la couverture)

Il y a également cet article du site ActuaBD, autour de la BD roumaine et l'influence de Pif (où l'on retrouve 2 personnages déjà cités...) :

(les photos - hormis les miennes - appartiennent à leurs auteurs respectifs, que je n'ai pas su identifier pour la plupart. Qu'ils me préviennent pour que j'ajoute ici ou là un crédit sous l'image qui les concerne)


Je rencontrerai ces anciens lecteurs, toujours passionnés par cette revue découverte dans leur enfance et qui a bouleversé le cours de leur existence. A travers eux, j'aimerais partager un peu de la flamme - candide et brûlante à la fois - qui anime tous ceux qui ont eu la chance de connaître cette "révélation" à travers une revue de papier que d'aucuns, dans son pays d'origine, traitaient souvent avec condescendance et même parfois avec mépris. 
Comme quoi, il faut parfois savoir inverser la perspective pour mieux apprécier les choses importantes.




mercredi 22 mai 2013

9. Kline, parti rejoindre ses personnages dans l'Eternité...


Quand on tente de réaliser un document relatant (entre autre) les existences et le travail d'auteurs du passé, et par conséquent avancés en âge, on court évidemment le risque que le temps (impitoyable) et la nature (idem) ne se mettent en travers de la route du pauvre documentaliste...

Aujourd'hui, plus qu'un "intervenant" dans un film, c'est un ami qui est parti.
Il s'en est allé rejoindre ses personnages, et notamment son cher Loup-Noir, dans des contrées lointaines qui ressembleraient peut-être aux vastes plaines du Dakota...
Kline (de son vrai nom Roger Chevallier) a été un véritable artisan de la bande dessinée réaliste de l'Après-guerre et l'un des piliers des récits d'aventures du journal Vaillant puis de Pif-gadget.

Son personnage de Loup-Noir, ce magnifique Sioux solitaire épris de justice, était devenu son frère de papier. Il en partageait beaucoup de valeurs, au fond.

Rencontré en 2008 et interviewé début 2010, j'espérais pouvoir compléter les images tournées avec lui. (il n'était pas friand de l'exercice, en bon Breton taciturne). Son état de santé décalait indéfiniment ce moment, mais je pense surtout qu'il n'avait guère le goût de la lumière braquée sur lui. Il préférait de loin qu'on discute autour d'un déjeuner de choses plus passionnantes, en tous cas à ses yeux.
Nos conversations, à table, tournaient plutôt autour de sujets philosophiques. Il s'était mis depuis longtemps à l'étude de la pensée bouddhique et de la physique quantique. C'est peu de dire qu'il était à mille lieues des considérations matérielles qui encombrent l'existence de ses contemporains, dans la BD ou tout autre domaine...

Mais il était capable de s'enflammer lorsque je l’aiguillonnais sur tel ou tel aspect graphique de son travail, notamment son étonnante maitrise des contrastes profonds et ses cadrages très cinématographiques.
Il avait commenté pour la caméra une planche de Davy Crockett (scène d'hiver dont il me décrivait le rapport au cadrage et au rythme cinématographiques) et une autre, de Loup-Noir, qu'il m'a offerte avec une petite dédicace qui me met les larmes aux yeux chaque fois que je passe devant.

Planche de Davy Crockett. Kline explique son rapport au cinéma.
Il m'avait également présenté son ébauche d'une série de science-fiction qui n'avait pas été retenue par Pif-gadget.

Je percevais chez lui à la fois une certaine fierté pour le travail accompli (il fut l'un des dessinateurs réalistes les plus réguliers et consciencieux de la presse jeunesse !) et aussi une certaine amertume pour la manière dont son travail avec son personnage-fétiche avait cessé (désaffection des lecteurs, moins intéressés par les récits "western" classiques à l'heure de Goldorak et Scoubidou, manque d'intérêt des la rédaction pour son travail à la fin des années 70...). Il aurait sans doute apprécié qu'on puisse exposer ses planches (splendides !) au public ou qu'on honore son artisanat de haute qualité, mais jamais il n'aurait songé à susciter la chose.

Il tiendra une place à part dans ce film-fleuve : comme Gerald Forton (ils s'appréciaient beaucoup mutuellement), il y sera l'un de ces magnifiques artistes solitaires et infatigables, qui font rêver les jeunes lecteurs en prenant plaisir à leur transmettre leur ration d'exotisme, d'aventure, de mouvement et - souvent avec modestie - d'exploits graphiques.

J'ai aujourd'hui une pensée pour sa veuve, Micheline, dont il m'a dit souvent qu'elle avait été la véritable inspiration de sa vie.

Quelques liens :

Article rédigé avec l'aide de Giles Ratier pour BDZoom.

Dossier Kline sur le site Pif-collection

Le fameux n.64 de Pif-gadget avec Loup-Noir en vedette

On pourra voir Kline quelques secondes dans la prochaine "bande-annonce" du film à venir, faisant preuve d'un certain sens de l'humour et beaucoup d'autodérision...

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Février 1969 : teasing dans Vaillant pour annoncer le passage à Pif-gadget, avec l'un de ses nouveaux héros.
Réédition des aventures de Davy Crockett en 1978-79, en petit format.
Planche de "Loup-Noir". Perfection des ambiances et des contrastes.
Ebauche pour un projet de récit de science-fiction destiné à Pif, dans les années 80, mais non retenu par le journal.
Album réalisé en région, en 1981. Ci-dessous le dessin servant à la couverture. Un magnifique classicisme qui aurait rendu jaloux l'auteur d'Alix !
 
 Joie tardive pour Kline de voir ses récits enfin en album, parallèlement à la republication de Loup-Noir dans le nouveau Pif-gadget (2004-2008) en couleurs (ci-dessus, album unique) pour Pif Editions et en noir et blanc (plusieurs albums) pour les édition du Taupinambour.

  
Dans le livre-somme de Richard Médioni (ancien rédac' chef de Pif-gadget) consacré à Vaillant, Pif et quelques autres, une place respectable est évidemment donnée à Kline et ses bandes réalisées avec Jean Ollivier (cliquer sur le livre pour voir le clip) : 


A la fin d'une séance d'interview, Kline avec un (ancien) jeune lecteur de ses bandes.

dimanche 10 février 2013

8. Recherches et trouvailles...


L'un des grands bonheurs du documentariste, c'est le moment où il met la main (ou juste le doigt) sur une information, un document, une archive qui jusqu'alors avait été négligée, ou bien dont on connaissait l'existence mais que plus personne n'était capable de localiser.
Et puis, les souvenirs sont parfois confus et on mélange allègrement les dates, les faits, les personnalités en question, etc...

(ci-contre une annonce pour une "pendulette Pif" créée pour le journal "L'Humanité" en 1951 ! Le personnage de Pif paraissait dans l'Huma, et ne connut d'histoires dans Vaillant qu'à partir de Noël 1952)

Heureusement, on a parfois accès aux auteurs en direct, et dans ce cas on peut découvrir des archives "de première main". Ainsi, quand Nicolaou me recevait chez lui (lui qui déteste les intrusions...) avec ma caméra, pour me commenter quelques archives personnelles... :

(A propos de Nicolaou : un petit jeu de devinettes en fin de cette chronique ! :-))

L'autre grand casse-tête (et dans ce domaine, en revanche, les "bonheurs" sont aussi rares qu'éphémères) concerne les droits. Droits (copyrights) liés aux oeuvres, aux documents visuels ou sonores, et l'accès aux fameux "ayant-droit" (j'ai dû vérifier l'orthographe du pluriel !).
Dans certains cas, des problèmes de succession compliquée empêchent de pouvoir rééditer les auteurs. C'est le cas pour J-Claude Poirier, dont les planches de "Horace, cheval de l'Ouest" et "Supermatou" sont bloquées jusqu'à nouvel ordre. Et pourtant, nous sommes nombreux à regretter qu'elles ne soient pas mieux connues.

Il faut également se souvenir qu'avant les années 80 (grosso modo), beaucoup de dessinateurs travaillant pour la presse jeunesse (en tous cas, ceux qui travaillaient pour Vaillant puis Pif-Gadget) ne récupéraient pas toujours leurs originaux, ou en tous cas pas immédiatement. 
Or, le stockage de ces documents (aujourd'hui devenus précieux pour les collectionneurs et les historiens !) était devenu un vrai problème aux éditions Vaillant.
Il y eut des dégâts des eaux qui détruisirent pas mal de planches, et surtout, lorsque la société qui reprit Pif-Gadget et les publications des éditions Vaillant fut liquidée au début des années 90, une véritable gabegie vit un nombre énorme de ces originaux disparaître, avant que la liquidation officielle permit à une poignée de chanceux de racheter un "trésor de guerre", dont on aperçoit encore parfois quelques specimen pointer sur eBay ou ailleurs, à des prix rédhibitoires (pour les moins fortunés, dont je fais partie !)
La Cité de la Bande Dessinée et de l'Image (CIBDI) d'Angoulême possède un grand nombre d'originaux, le plus souvent provenant de dons des auteurs eux-mêmes. Un événement semble se préparer autour de Vaillant, dans une paire d'années.... Je croise les doigts.
(ci-contre quelques pièces de la collection de la CIBDI, dont de magnifiques planches de "Yves le Loup", de René Bastard)

Richard Medioni, à l'occasion de la parution des son ouvrage sur Pif-Gadget et de celui sur Hervé Cultru consacré à Vaillant, organisait de petites expos, dont voici un exemple, que j'avais capté à Angers BD en décembre 2009. On pouvait y admirer quelques planches (cliquer sur l'image pour découvrir la vidéo) :



Un festival organisé au Mont St-Sulpice en septembre 2013 permettra sans doute d'en découvrir d'autres.

Combien de temps faudra-t-il attendre pour que les dessinateurs ayant travaillé pour Pif-Gadget soient reconnus pour leurs qualités propres, au lieu d'être relégués avec le tout-venant de la presse illustrée, et bien entendu tenus à l'écart des grands ouvrages de référence sur la BD, au motif que leurs récits n'étaient pas édités dans de prestigieux albums ? (ça s'arrange un peu depuis quelques années, mais on est encore loin du compte)
Loin de moi l'idée de comparer les récits de Pif et Hercule avec les aventures d'Asterix, mais il me semble que Coehlo, Marcello, Poirier, Cézard, Le Guen, Mas, Nortier, pour en citer une petite poignée, mériteraient d'être redécouverts par le grand public.
Fort heureusement Chéret, Poïvet, Tabary, Gotlib, Godard et d'autres sont aujourd'hui reconnus (en général quand ils furent édités pas d'autres maisons !).


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TROUVAILLES D'ARCHIVES TV RECENTES
... ET UN PETIT JEU !

Dans mes recherches d'archives audiovisuelles (très pauvres en ce qui concerne Vaillant et Pif, mais on s'en doutait !), je suis tombé sur cette émission d'Antenne 2 dont j'avais totalement oublié l'existence, "Un sur Cinq", où il fut question, à la rentrée 1977, de l'évolution du personnage de Pif. Etaient présents Cabrero Arnal, son géniteur, Roger Mas, son successeur (notamment pour la bande quotidienne dans l'Huma) et Michel Motti, qui le dessinait alors dans Pif-Gadget. C'est à ma connaissance la seule archive où l'ont peut voir les trois, et la seule où l'on entend (en fait très succinctement) le discret Motti. J'en utiliserai vrisemblablement un extrait dans le film...

Petit cadeau en forme d'instantanés d'interviews pour les "vrais" fans de Pif :
Cabrero Arnal
Roger Mas
Michel Motti
ET POUR FINIR, UN PETIT JEU !!
Nicolaou m'avait montré - devant la caméra - un document rarissime, et pour cause : il s'agissait d'un petit "test" qu'il avait réalisé en 1957, afin de convaincre la rédaction qu'il était capable de reprendre Placid et Muzo, ainsi que le souhaitait Arnal. Il avait découpé des postures des personnages, Certaines venaient d'Arnal, d'autres dessinées par lui-même. 
La rédaction s'y était trompée...  Et vous ? Saurez-vous retrouver les versions de Nicolaou ?



...


La réponse, par Nicolaou lui-même ("A" pour Arnal et "N" pour Nicolaou) :

(ne regardez pas tout de suite !)




mardi 22 janvier 2013

7. RAHAN, le "vaillant" survivant...

De tous les personnages créés par les éditions Vaillant, seule une poignée a véritablement résisté au temps et reste dans l'esprit des générations plus jeunes.
On peut citer Corto Maltese, Dr. Justice, Gai-Luron, Placid et Muzo, les Pionniers de l'Espérance (pour les plus âgés), Dicentim...  mais surtout et avant tout, les anciens lecteurs et même ceux qui n'ont pas vraiment vécu la saga Pif-Gadget connaissent et citent volontiers RAHAN, le fils des âges farouches !
Il y a de nombreuses raisons à cela (attrait toujours renouvelé pour la Préhistoire, figure emblématique du héros façon Tarzan, aventures exotiques, personnage positif et éventuellement icône sexuée plaisant également aux filles...) mais au moins DEUX raisons indiscutables peuvent expliquer la longévité du fils de Crâo au-delà de son géniteur scénaristique (Roger Lécureux est décédé il y a 13 ans) et de sa publication d'origine (Pif-Gadget a cessé de paraître en 1993, et la version ressuscitée au milieu des années 2000 ne proposait que des reprises assez anciennes du personnage) : 
La 1ère, c'est le trait si caractéristique et dynamique d'André Chéret, et la 2nde, le fait que Rahan ait connu ses propres publications dès les années 70, et des éditions d'albums qui se poursuivent aujourd'hui.


Ci-contre : annonce pour la sortie du trimestriel Rahan.
Ce trimestriel connaîtra une magnifique série de couvertures épiques, et marquera le départ d'une vie parallèle pour Rahan, visible en kiosques indépendamment de Pif-Gadget.
(J'ai repris cette illustration du blog 
http://vaillant-pif-gadget.over-blog.com
dont l'auteur est un fondu absolu de Pif, Vaillant.. et Rahan, et qui propose régulièrement de magnifiques scans d'illustrations tirées de Pif-gadget ou Vaillant... Faites-y un tour de ma part !)

Je ne vais pas ici raconter toute la saga de Rahan pendant et au-delà des éditions Vaillant.
Je vous suggère d'aller explorer
le site officiel qui lui est consacré : 

Vous y trouverez TOUT : les albums, les gadgets, les adaptations en dessins animés, le projet de film...

Mais puisque mon documentaire évoquera longuement et de diverses manières la création de ce personnage et sa pérennité, l'inscrivant pleinement dans le projet éditorial de Pif-gadget (l'idée avait longtemps travaillé Roger Lécureux avant que la rencontre avec LE dessinateur idéal donne le départ à cette longue aventure), je livre quelques réflexions et pistes (déjà et souvent abordées ailleurs) :

Dans le petit film que je lui avais consacré à l'occasion du 40ème anniversaire de Rahan, André Chéret m'avait raconté à sa façon une partie de la genèse du personnage : notamment sa blondeur, étonnante pour un homosapiens de son époque, qui est certainement ce qui reste d'un autre projet de personnage que portait Chéret : un Gaulois blond, portant d'ailleurs un intéressant collier, pas très éloigné du collier de griffes de Rahan ! (cliquer sur l'image-titre pour visionner le film : )


L'époque de sa création - l'année 1968 - n'est pas innocente non plus, si l'on considère les aspirations d'une certaine jeunesse vers la liberté, le retour à la nature, etc...

(Rappelons que Rahan a été publié pour la première fois dans le 1er numéro de Pif-Gadget, le 24 février 1969... et a donc exactement le même âge que ce journal !)

Le succès de Rahan fut quasi-immédiat et fulgurant, à tel point que la rédaction de Pif-Gadget croulait sous le courrier de lecteurs réclamant plus d'aventures du personnage. 
Or, depuis la création de la formule "tout en récits complets", Pif-Gadget proposait non plus des histoires à suivre indéfiniment à raison de 2 planches hebdomadaires, mais de grandes histoires de 20 planches (dans le cas de Rahan notamment) !
Pour accélérer la parution des récits de Rahan, en 1974, on a suggéré la création d'un atelier dans lequel André Chéret formerait un ou deux autres dessinateurs capables de l'épauler pour répondre à la demande.
Mais la direction de Vaillant, désormais tiraillée entre la créativité de la rédaction et les demandes pressantes de son service commercial, décida de faire dessiner de manière autonome quelques aventures de Rahan à l'italien Guido Zamperoni (qui signait Guy Zam), sans que Chéret en soit averti... D'ailleurs, le résultat déçut les lecteurs, qui ne retrouvaient pas la "patte" magique du créateur graphique qu'était Chéret. 
L'espagnol Enrique Romero, formé lui par Chéret, réussit ensuite beaucoup mieux et ira jusqu'à calquer totalement les cadrages et le style général des bandes de Chéret..

(Le dessin ci-contre à droite est de Roméro... mais en cliquant dessus, vous tomberez sur un forum où un internaute très perspicace a trouvé où et comment le dessinateur a pompé sur son maître, histoire de bosser mieux et surtout plus vite... !)
L'apogée de Rahan et de son dessinateur : le prix Phénix en 1974. Les personnages de Pif-Gadget - et bien d'autres ! rendent hommage au personnage et c'est une lune de miel qui va rapidement se transformer en cauchemar pour le dessinateur, obligé de justifier son statut de co-créateur du personnage auprès de la direction des éditions Vaillant... 2 ans plus tard, la situation sera réglée, mais laissera quelques traces...

Mais un jour qu'André Chéret - qui avait accepté de mauvaise grâce cette situation - vint demander une avance de droits d'auteur, on lui annonça qu'il n'y en avait pas puisqu'il n'était "que" le dessinateur, c'est-à-dire un salarié... Or, le créateur graphique fait partie intégrante de l'oeuvre. 
Les tracasseries juridiques qui s'ensuivirent pendant plusieurs années entre Chéret et les éditions Vaillant donnèrent raison au premier, et depuis cette époque, les dessinateurs ayant participé à la création d'un personnage partagent avec le scénariste une part des droits liés à ce personnage. (je simplifie à outrance car ce n'est pas le sujet ici).
Moralité : les éditions Vaillant savaient innover, promouvoir de belles idées et communiquer avec le public... autant qu'elles pouvaient se comporter comme n'importe quelle société commerciale dans le secteur de la presse, un brin d'opacité en plus. 


(2 annonces parues dans Pif-Gadget alors que RAHAN étéait devenu le personnage le plus populaire du journal. Ici, pour 2 albums co-édités par Hachette et pour la parutions en version bimestrielle)

André Chéret ne souhaite plus revenir sur cette période (mais nous aurons l'occasion d'en synthétiser les tenants et aboutissants dans le film) et préfère nettement évoquer les aventures du héros qu'il a créé sous l'impulsion géniale de Roger Lécureux, son goût pour l'action et les mises en page "coup de poing", son souci du dynamisme...

Ci-contre : un épisode en 2 parties qui a marqué les lecteurs et - au-delà du "traumatisme médiatique" qu'a suscité cette "une" lugubre - il permit une fois pour toutes d'établir la popularité zénithale du personnage et l'attachement des lecteurs : il furent plus d'un million à s'arracher ce numéro 443 de Pif-Gadget, en 1977, et leurs appels frénétiques et massifs firent sauter plusieurs fois la ligne téléphonique des éditions Vaillant...

Au cours du film on le verra dessiner le personnage mais surtout, on découvrira l'étendue de l'amour que lui portent ses lecteurs, la dimension sociologique de sa naissance et de sa longévité, et quelques souvenirs des uns et des autres...


3 exemples pour montrer que le style Chéret, c'est avant tout le dynamisme du trait et du cadrage !
(cliquer pour agrandir)

Jean-François Lécureux, fils du créateur de Rahan, s'est pris au jeu après le décès de son père en décembre 1999, et s'applique à prolonger la saga en promenant le personnage dans des sites donnant lieu aujourd'hui à diverses animations (musées de la Préhistoire, etc...) et permettant à Rahan de devenir au fil des ans la "mascotte" préférée des paléontologues et historiens cherchant à fédérer auprès d'un large public jeune les recherches sur la Préhistoire.

Sur mon blog général, j'avais raconté un week-end passé aux côtés d'André Chéret, dont j'avais tiré une vidéo tournée à Montbéliard et Audincourt, entre visite du musée de la préhistoire aux côtés d'un fondu de Rahan - le conservateur ! - et d'un festival de BD dont Chéret était la vedette. 


Cliquez sur l'affichette pour voir cette page, les illustrations et les vidéos :
Une curiosité !
André Chéret a démarré très jeune, à la fin des années 50, et parmi ses premières illustrations, il y avait des travaux destinés par exemple à "Radar".
Illustration typique de l'époque, et dont Angelo Di Marco (qui devait travailler chez Pif-Gadget plus tard !) devint le spécialiste.

Chéret illustra par la suite, pendant quelques années dans Vaillant la série "Bob Mallard", qui l'enquiquinait un peu, car trop technique (la série des exploits de 2 aviateurs est truffée de machines et de "tôles", comme le dit Chéret lui-même, qui préfère la nature, les arbres et la vie sauvage !)



André et Chantal Chéret m'ont ouvert quelques-unes de leurs archives pour le film, et lors de ma dernière visite en novembre 2012, j'avais improvisé (avec mon appareil photo tout minuscule mais capable de faire de la vidéo de bonne qualité !) une petite conversation où André me montre des versions étrangères, un nouvel album de la magnifique collection de rééditions noir et blanc (un must !!!) et l'album "Les trésors de Rahan", où les nostalgiques pourront replonger dans les illustrations d'albums anciens, les gadgets, quelques anecdotes et des images magnifiques de l'histoire de Rahan.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour découvrir André Chéret chez lui, présentant quelques nouveautés... :





EVENEMENT : ANDRE CHERET A ANGOULEME :

Cliquer sur la photo pour voir le blog illustré du reportage autour de Rahan, aux côté d'André Chéret lors du festival :




EN BONUS : 

J'avais complètement oublié cette vidéo tournée lors du week-end à Montbéliard en 2010. André Chéret s'y amusait à dédicacer un album à son ami Gotlib... à sa manière. Un crime de lèse-coccinelle !!! :