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samedi 6 août 2022

Une gazette et un hommage...

La OUF-GAZETTE... 

Une version gratuite, pour un hommage spécial.

Georges Rieu, disparu l'année dernière, fut l'un des grands artisans de la métamorphose du journal Vaillant pour en faire Pif-Gadget, c'est-à-dire une forme de révolution dans l'édition BD en France, mais peut-être plus encore au sein du groupe de presse dont ce journal était l'emblème jeunesse, et qui appartenait au Parti Communiste. 

Dans ce numéro, un dossier est consacré au parcours très singulier de Georges Rieu (arrivé au journal en 1957, pour en devenir rédacteur en chef en 1965, jusqu'à son départ en 1971).
Un autre grand dossier se penche - avec archives et nombreux documents - sur la métamorphose du journal entre 1960 et 1968, et surtout en 1965 quand il devint "le journal de Pif". Changement de maquette, de format, de contenu, de papier, de logo, de... tout !
Et tout cela intervenait dans un contexte social et politique également très mouvant, que ce dossier propose de revisiter.

Ce numéro est le plus important en pagination (94 pages dans sa version complète !), et nous vous proposons de le découvrir ici, dans une forme "light" (les images sont en basse définition, il manque 25 pages et de nombreux passages et les liens vidéo ne sont pas actifs). De cette manière, vous pourrez tout de même découvrir une partie de la biographie de Georges Rieu, et grappiller de nombreuses informations pour vous faire une idée du contenu de cette "gazette" !

Les années 60 et Pif... un moment très étonnant et une transition entre deux générations, passant du souvenir de l'après-guerre... à la pop-culture pour teenagers et la société de consommation !
1966 fut par exemple "l'année porte-clés", et la journal se mit à échafauder de nouvelles stratégies commerciales...
Côté BD, ce fut aussi l'arrivée de Gotlib et Mandryka, le retour des Pionniers de l'Espérance dans leurs premiers récits complets (format qui allait se pérenniser...), et un nouvel esprit, plus "en phase" avec la jeunesse de l'époque.
Mais le journal tenta de ne pas oublier ses "fondamentaux", même si ce fut parfois de manière surprenante. Nous racontons tout cela... et bien plus.

Pour obtenir cette version gratuite de la Ouf-Gazette, cliquez simplement sur son image en haut à droite, qui vous ouvrira la page de téléchargement !

LE FILM !

Chaque numéro de la gazette est associé à un petit film (documentaire, entretien, montage d'archives, etc...) qui est exclusif et inédit.
De nombreux films sont par ailleurs présentés accompagnés d'une fiche ou d'un petit dossier illustré (Hugo Pratt chez Pif, les début de Gotlib et Gai-Luron, l'histoire du 1er Pif-Gadget, la saga Zor et Mlouf, l'histoire du personnage de Dr JUSTICE, Les "Vaillants" et l'héritage résistant, les gadgets scientifiques de Pif, des rencontres et portraits de Gérald FORTON (Teddy Ted), André CHERET (Rahan) NORMA (Capitaine Apache), etc...)

Le film associé à cette gazette (qui donne d'ailleurs accès à d'autres clip vidéos) dure 16 minutes et on y retrouve Georges RIEU, Richard MEDIONI, Jacques KAMB, Marcel GOTLIB, Nikita MANDRYKA, et Christian GODARD raconter ce que fut cette grande transition des années 60 pour le journal.

Voici quelques images tirées du film accompagnant ce numéro-dossier (réservé aux abonnés) :

 
Il est toujours possible de s'abonner (recevoir les prochains numéros directement - complets et en haute résolution ! - et 2 numéros ou dossiers précédents au choix).

Vous pourrez aussi choisir de devenir un souscripteur à part entière du projet pour le soutenir - et recevoir en cadeau à la fin de l'année (si tout va bien !) la version papier de la Ouf-Gazette (en format hors-série 140 pages, avec des archives et entretiens inédits + des bonus).

Envoyez-nous pour cela un mail : pif-film@orange.fr


samedi 16 mai 2020

René Moreu, cent ans d'images

Cabrero Arnal et René Moreu, pour un "concert fantaisiste", en 1954.
Il arrive des moments où l'on est bien obligé d'appuyer sur le bouton "pause" pour prendre le temps d'un petit retour historique.
Aujourd'hui, c'est pour évoquer la mémoire d'un grand Monsieur à qui nous devons sans doute beaucoup et qui vient de nous quitter, dans sa centième année.

Au lendemain de la Seconde Guerre, cet ouvrier imprimeur résistant est embauché dans le premier grand journal illustré pour la jeunesse créé après la Libération (publié par l'Union des Jeunesses Républicaines de France, issues du PCF), et dont il sera le rédacteur en chef.
Son nom était René Moreu et le journal s'intitulait Vaillant, qui allait devenir 25 ans plus tard Pif-Gadget.
Ci-dessus : une "ronéo" à alcool permettant de dupliquer des tracts. Elle date des années 30 et servit sous l'Occupation. (Musée de la Résistance - Champigny, déplacé depuis cette photo)  À côté, un numéro du "Jeune Patriote" publié à l'approche de la Libération et à côté, son successeur "Vaillant" créé en juin 1945.
Peintre et illustrateur pour enfants, sa palette (notamment dans le domaine de la peinture animalière) est vive, franche.
Plus tard, lorsqu'il aura tiré un trait (c'est le cas de le dire) sur l'illustration destinée aux jeunes enfants - discipline très particulière et exigeante, qui demande une compréhension des perceptions enfantines et est pourtant très mal considérée - il se lance dans des œuvres qui mêlent les techniques, et sont souvent en volume.
La triste ironie du sort voulut qu'une affection de la rétine le rende progressivement quasiment aveugle.
Ami de Cabrero Arnal, le créateur de Pif le chien (avec lequel il travailla longtemps) et du grand illustrateur et affichiste André François, René Moreu était moins connu mais très apprécié et souvent exposé, notamment aux côtés de Mirò et Picasso, excusez du peu....
Une nouvelle expo était d'ailleurs prévue cette année, avec la publication d'un ouvrage. Ces événements furent remis à plus tard pour cause de confinement.
René Moreu était un enfant de l'Histoire : né le 11 novembre 1920, il est mort cette nuit dans sa centième année.






La rédaction du journal gardera toujours pour René Moreu un grand respect, teinté d'admiration. Tous savaient ce qu'ils lui devaient.
Et c'est pourquoi, au tournant des années 80, alors que le journal vacillait et perdait un peu son cap, on décida de rappeler René, le doyen fondateur. Avec son compagnon de route le scénariste Jean Ollivier, il choisit d'ailleurs de faire revenir la bande dessinée au premier plan dans le journal.
Vaillant et Pif-Gadget avaient une identité dont l'un des fondements se traduisait par un dialogue entre générations : les "anciens" avaient passé la main au milieu des années 60 pour faire émerger une nouvelle vague d'auteurs et rédacteurs, qui engendra un renouveau total. 

Quinze années plus tard, ces mêmes "anciens" revenaient à la barre pendant quelques années... et n'eurent de cesse de donner leur chance à d'autres "petits jeunes", dans un respect mutuel jamais pris en défaut. C'est un peu ce que traduisent les deux extraits de textes ci-dessous...

René Moreu dans son atelier - années 1990. (Photographe inconnu)
Les deux extraits de textes ci-dessus sont tirés (ainsi que certaines reproductions de cette page) du catalogue de l'expo "Célébrer la nature - résister à l'aveuglement" qui s'est tenue en 2015. (Sous la direction de Laurent Gervereau - Editions Musée du Vivant)
Précisons que Richard Medioni et Claude Bardavid furent tous deux, à une décennie d'écart, rédacteurs en chef de Pif-Gadget, et eurent l'occasion de beaucoup côtoyer "le grand ancien" qu'était René Moreu, et que tous respectaient beaucoup au journal.

mardi 19 juillet 2016

Souscription

SOUSCRIPTION AU PROJET
"PIF-GADGET - VAILLANT"
Nos enfances illustrées, en films et clips


Les lectures illustrées pour la jeunesse, issues de Vaillant, qui deviendra en 1969 Pif-gadget, ont une histoire extraordinaire.
Cette histoire a accompagné un demi-siècle de la vie des enfants et révélé un nombre incroyable d'auteurs, créé des personnages et quelques mythes, suscité des engouements…

Depuis quelques années, la plupart de ceux qui ont participé à cette aventure (qui pouvaient témoigner), se sont prêtés à une série d'entretiens filmés, et les archives accumulées ont permis de reconstituer visuellement l'histoire.

Cela vous amuserait-il de suivre chronologiquement (ou par thèmes) les lectures et la vie des lecteurs (vous, vos parents, ou même vos grands-parents !) sur plusieurs décennies ?
Retrouver, au fil des lectures de ces enfants que nous fûmes, leurs loisirs et leurs passions, l'évolution de ce que la société leur destinait, mais également le contexte sociologique qui a permis la naissance puis les transformations d'un journal exceptionnel ? Eh bien, tout cela sera raconté dans ce vaste projet documentaire en 2 parties, fourmillant d'anecdotes, de témoignages exclusifs et inédits, d'archives historiques et de récits humains !



Pas seulement la nostalgie de "camarades" (d'école ou de parti !), mais une véritable exploration chronologique de ce qui fait AUSSI la culture populaire, particulièrement lorsqu'elle s'adresse aux enfants.


Ce projet se présente en 2 volets :

1 - un projet documentaire (en cours de production) consacré à l’histoire du journal Vaillant, jusqu’à son changement de titre. Un quart de siècle d’évolution de cette lecture jeunesse, qui accompagne une évolution radicale de la société et du rapport entre le PCF et de ses publications.
De la sortie de la Guerre jusqu'aux années marketing, en passant par les révolutions culturelles des années 60
2 - L’aventure Pif-Gadget, à travers plus de 30 séquences et clips thématiques et chronologiques pour découvrir l’incroyable parcours de ce journal hors-normes, sa manière de capter ses lecteurs et traduire l’évolution de la société... et bien sûr la saga des gadgets... qui revivent à l’écran !





Il y a (déjà !) 5 ans, une souscription avait permis de financer des tournages d'entretiens et des reconstitutions avec des enfants (ceux des anciens lecteurs, souvent…), et nous préparions pour eux l'année dernière un coffret DVD exclusif…
Le projet a pris du retard (notamment en raison de contingences inattendues, en particulier côté diffuseurs TV !) mais se poursuit et se développe ! Et d'ailleurs, il ne s'agit plus de DVD (format obsolète, à qualité d'image et durée limitées) mais un tout autre support vidéo ! (C'est encore un secret).

Les souscripteurs découvrent toutes les facettes de cette histoire... par séquences et clips, envoyé via des bulletins d'infos, eux-mêmes garnis d'informations et documents inédits !
Les souscripteurs pour l'ensemble du projet recevront en fin de projet un énorme livre collector, bourré d'archives, témoignages et illustrations inédites, un support vidéo HD dédié, ainsi que quelques "goodies" pour l'accompagner. Un objet qui fera vraiment la joie des collectionneurs (que nombre d'eux sont devenus...)
D'autres offres réservées aux pif-souscripteurs suivront !

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Les souscripteurs reçoivent désormais régulièrement des clips, séquences et sujets inédits nourris en archives, en exclusivité. Ces rendez-vous leur rappellent des souvenirs…

Auteurs, anecdotes en images, reconstitutions, morceaux d'histoire : au menu des bulletins d'infos garnis, que reçoivent les souscripteurs régulièrement, accompagnés de clips et séquences vidéos exclusives.


Vous pourrez recevoir régulièrement chez vous les archives, infos et surtout les liens vidéo exclusifs pour découvrir, chapitre par chapitre, toute cette aventure de la BD, et par la suite recevoir chez vous le livre collector bourré à craquer d'images, avec ses cadeaux pifesques ! 

Publicité de 1970 pour le premier "gadget vivant" de l'histoire du journal !
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En aidant à poursuivre et conclure cet immense projet indépendant, vous contribuez à la constitution d'un véritable objet de patrimoine !

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Février 1969 :
La presse familiale publie un encart publicitaire pour annoncer la création d'un nouveau journal, qui est en réalité la continuation modernisée du journal "Vaillant".
Ce nouveau titre s'intitulera "Pif et son gadget surprise". Le début d'une nouvelle aventure de la presse jeunesse...

Ci-dessous :
quelques intervenants et gadgets, pour ce projet mutliforme.



TEASER :
Il condense en 6 mn des témoignages, des archives, gadgets, enfants, et lève un peu le voile sur le contenu d'une quarantaine de séquences. Il regroupe et enrichit en même temps les 2 clips-annonces publiés précédemment :

(cliquer sur l'image)
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POUR SOUSCRIRE :
(Infos mises à jour en 2022)

1. Vous pouvez décider de simplement vous abonner au bulletin illustré (qui est devenu la "OUF-Gazette" illustrée en juin 2020 !) et recevoir régulièrement par mailing les liens pour visionner en exclusivité des séquences du film en cours de réalisation ou des clips "bonus", et découvrir des archives historiques, avoir accès à des images inédites... Pour juste 25 €, revivez par épisodes la saga Vaillant et Pif-gadget, ses auteurs, ses moments forts, les gadgets qui ont marqué vos enfances, etc...

2. Vous pouvez souscrire à l'ensemble du projet et son contenu vidéo (5 heures de films et archives inédits + de nombreux bonus, en édition limitée réservée à cette opération...) et être abonné également à la OUF-Gazette, recevoir les fiches et dossier précédents, avoir accès à ds offres et cadeaux spéciaux. Un hors-série papier, avec bonus et cadeaux pour les abonnés, reprendra les thèmes et offrira surtout une grande quantités d'archives, souvent inédites ! Il sera envoyé directement aux souscripteurs à sa parution (tirage très limité) Ce seront 60 € bien investis ! (si vous vivez hors de France métropolitaine, écrivez-nous d'abord car des frais postaux devront se rajouter !)

3. Ou bien vous pouvez décider de soutenir encore plus vigoureusement le projet en allant au-delà - et en recevant d'ailleurs un petit cadeau de remerciements "Pif-Vaillant" supplémentaire ! Il s'agira d'un exemplaire du journal, d'un objet en relation avec Pif... ou d'un souvenir correspondant à l'âge que vous aviez quand vous lisiez le journal !

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Pour toutes les infos (et s'abonner aux dossiers interactifs, ou même devenir souscripteur de tout le projet) écrire à :  

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Notre ami Jacques KAMB, qui fut un dessinateur de presse renommé, avant de devenir l'auteur de BD qui aura travaillé le plus longtemps pour le journal (de 1951 jusqu'à la fin !) nous a quittés le 6 février. Il avait soutenu ce projet depuis le début et avait même décidé de sortir de sa retraite pour publier, en accompagnement de cette réalisation, un ultime "Dicentim poche" qui renouait avec ce personnage très aimé des lecteurs.
Le projet lui est désormais dédié.

vendredi 11 juillet 2014

Mandryka - enchère pour un original !


Mandryka est un original.
Dans tous les sens du terme, mais surtout en ce qu'il ne fait rien comme les autres et se place décidément comme pataphysicien de l'image et du récit !

Et aujourd'hui, pour participer et contribuer à sa manière au projet participatif autour du film et du DVD-livre, qui resteront pour le patrimoine de la BD et de la culture populaire liée à nos enfances, il a décidé d'offrir un "original" aussi : un grand dessin, magnifique, représentant son fameux Concombre Masqué, dans toute sa splendeur potagère !
Il semble labourer le jardin (zen) de nos imaginaires...

Ce dessin à l'encre de chine et lavis, dimensions 21 x 29,7 cm, a été réalisé sur papier aquarelle 300 g Daler-Rowney grain fin :



Mise à prix de départ : 200,00 €

Enchère en cours : 350,00 (Thidep)

Enchérisseurs précédents :
David Fabre - 325,00
Zortor - 300,00
Professeur Benson - 275,00
Helder - 250,00
Dostoïevski - 225,00

Fin des enchères : 9 août à 12h !



BRAVO A THIERRY DEPEYROT (Paris XIIIe)
QUI EST DEVENU L'HEUREUX ACQUEREUR DE
CETTE (désormais !) PIECE DE COLLECTION !



Mandryka étant attendu fin novembre à Paris pour un salon de BD, vous pourrez alors lui demander de personnaliser sa dédicace… et nous vous prendrons en photo ensemble pour immortaliser l'événement ! :-)

Cette vente aux enchères durera 30 jours et se terminera en même temps que la campagne "http://www.touscoprod.com/fr/pif-film" pour le financement du projet !


(cliquez sur l'image pour accéder directement à la campagne "Touscoprod" du projet)




Vous pouvez aussi rejoindre la page facebook du projet ici : http://www.facebook.com/pif.film

Visitez le site extraordinaire de Mandryka ! :


lundi 3 septembre 2012

4. A la recherche des lecteurs perdus...


Avant de publier quelques chroniques très "touffues" de tournages passés et à venir, avec au passage le portrait de personnalités rencontrées, qui furent des piliers de Vaillant ou de Pif-Gadget (toutes époques confondues), une petite réflexion de rentrée au sujet des lecteurs.

Raconter un journal d'illustrés pour la jeunesse, c'est évidemment en creux une manière de raconter le contexte d'une époque, la philosophie ou l'idéologie qui animent les créateurs et auteurs, mais on peut également se dire que chemin faisant, on décrira le quotidien et le point de vue des lecteurs. 
Or, j'ai constaté que la manière d'évoquer ces lectures d'enfance et de jeunesse, selon qu'on interroge des lecteurs de Vaillant de 1950, de Pif-gadget de 1970 ou du même journal en 1985, on obtient des ressentis très différents et une manière d'en parler qui aura autant de points communs que de divergences énormes.


A gauche : Vaillant en 1946  -  à droite : Pif-Gadget en 1989.
En l'espace de 43 ans, un véritable bond quantique
dans le culture populaire destinée à la jeunesse !

Les lecteurs de l'immédiat Après-Guerre vivaient dans un contexte de pénurie. Les "illustrés pour la jeunesse" étaient une fenêtre vers un "ailleurs" nécessaire, qui offraient en peu de pages (les illustrés de l'époque avaient 8 à 16 pages, rarement plus) et sur papier journal des histoires édifiantes et parfois cocasses, mais toujours paternalistes. 
Les débuts de "Vaillant" ne dérogeaient pas à cette règle implicite, avec ceci de différent (comparativement à la presse catholique familiale, dominante alors) que le journal se voulait également un démarquage affirmé des bandes américaines qu'il "pompait" pourtant allègrement, comme tous les autres illustrés français de l'époque (on en reparlera, car il y a beaucoup de choses à en dire et que l'évolution sera finalement plutôt à l'avantage de ce journal... !). 
Quelques héros présentés par Vaillant en 1952...
Le souci d'ouverture des jeunes lecteurs au monde qui les entoure était une priorité pour certains de ses concepteurs (notamment Madeleine Bellet, résistante communiste et membre de l'équipe fondatrice du journal, qui fera partie du Comité qui créa la fameuse "loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse" - façon détournée de réduire l'audience des illustrés américains !). Il fallait distraire cette jeunesse, encore traumatisée par la guerre (et qui en subissait encore les privations) et avide d'évasion, d'activités, de mouvement...

Les jeunes lecteurs des époques consécutives liront leur journal dans un contexte économique et culturel très différent, et leur manière de le lire et de s'en servir auront peu de choses en commun avec la génération précédente. Cette pratique de lecture suivra de près l'évolution de l'importance accordée par la société à ces loisirs d'enfance.



Je me suis également aperçu (mais c'était prévisible) que les souvenirs des anciens lecteurs de Vaillant ou Pif-Gadget n'étaient pas uniquement liés au plaisir de se souvenir de telle ou telle lecture, de tel ou tel gadget... mais dans leur manière de rappeler à leur mémoire ces lectures, il y a généralement un renvoi immédiat à l'idée rétrospective qu'ils ont de leur enfance et à l'idée qu'ils se faisaient à l'époque de leur vie et de leur avenir. En retrouvant les aventures de Yves le Loup, le dessinateur Baru retrouve sa passion d'enfance pour l'aventure (il lisait cela en 1957 et le raconte dans "Les années Spoutnik") ; quand il se replonge dans "Dr Justice", un autre ancien lecteur (célèbre, mais dont je ne veux pas dévoiler l'identité ici !) se souviendra de son envie de se mettre au judo et même, des années plus tard, d'adapter un jour l'histoire en feuilleton...

VAILLANTS et VAILLANTES...
Au lendemain de la Guerre, les enfants étaient une préoccupation particulière : ils représentaient l'avenir, la reconstruction du pays... 
Un peu à la manière des Scouts, les comités du PCF avaient lancé les clubs des "Vaillants et Vaillantes", sous l'égide du journal. On y faisait du sport, il y avait des sorties "culturelles" et des ateliers... et on accompagnait aussi les adultes pour les défilés du 1er mai, comme on peut le voir sur cette image tirée d'archives audiovisuelles lors d'un défilé du 1er mai des années 50. (en plus, ils défilaient dans MON quartier... !) On reconnait très bien la forme stylisée du logo du journal ! :



J'ai eu l'occasion, en 2010, de rencontrer et d'interviewer un couple d'anciens lecteurs et... vendeurs des tout premiers "Vaillant", qui ont la particularité d'avoir connu le journal dès 1945 (ils le vendaient en culottes courtes, alors qu'ils faisaient partie des clubs "Vaillants et Vaillantes") et surtout, de s'être rencontrés dans le girond de ce journal... et ne plus s'être quittés pendant les 60 années qui ont suivi ! 
Cécile et Jacques, militants de la première heure, figureront évidemment dans mon film... ;-)


En 1945, dans la rue, Cécile et ses Vaillant...

En 2010, devant ma caméra : Cécile et son mari... toujours vaillants !


Cécile et Jacques évoqueront leur rencontre, mais aussi leur manière de "transmettre le flambeau" aux enfants et petits-enfants. Cécile m'a montré comment elle nouait son foulard des "Vaillantes" et m'expliquait à quoi servaient ces petits sacs à l'effigie du journal, destinés aux invendus... que les Vaillants et Vaillantes revendaient à la criée !



Georges Rieu, qui fut rédacteur en chef de Vaillant dans les années 60 et a imposé le tournant vers Pif-Gadget en 1969, me le raconte en interview dans le documentaire : lorsqu'il a souhaité progressivement abandonner les récits "à suivre", il épousait en réalité l'évolution des goûts et du rythme de la jeunesse de l'époque, qui n'avait plus la patience de ses aînés et voulait dévorer des aventures sans pour cela patienter plusieurs mois avant d'en connaître le dénouement.

Avec Pif-Gadget, l'hebdomadaire sera "tout en récits complets" et surtout, le journal se mettra progressivement à s'adapter, et même à partir du milieu des années 70, à singer et racoler le grand média qui dominera désormais l'essentiel des occupations de loisirs des enfants et des parents : la télévision.
Ce sera l'un des grands sujets du film, agrémenté de quelques pépites et archives dont je ne dévoile évidemment rien ici ...

A suivre ! 

(Très bientôt, les portraits vaillantesque de grandes "pointures" de l'histoire de Pif-Gadget, rencontrées pour le film... :-))

mercredi 8 août 2012

3. Tournages et retournages avec KAMB !

Ah, Jacques Kamb ! 
Je ne sais par où commencer cette longue chronique, car Jacques a été le tout premier des auteurs de Vaillant et Pif que j'aie rencontré et filmé ; celui que j'aurai filmé le plus souvent et le plus longuement ; celui que j'aurai filmé pendant qu'il collaborait avec la nouvelle version de Pif-Gadget (2004-2008) et également après la fin de cette histoire-là ; le tout premier auquel j'ai consacré un DVD sur sa carrière, et puis, tout simplement, Jacques Kamb est devenu un ami.

Inutile de préciser que dans mon film, il tiendra une place importante puisqu'il est le seul auteur de BD vivant à avoir pu travailler dans TOUTES les versions de Vaillant et Pif-gadget, et ce dès le début des années 50 !
Jacques Kamb a débuté comme dessinateur de presse et son trait - assez proche de celui de Jean Effel - a servi en particulier pour des gags ou rubriques "humo" dans le quotidien L'Humanité, puis dans le journal Vaillant. (voir en fin de cette chronique un extrait vidéo sur cet aspect de sa carrière).


(Jacques Kamb en 1973, quand sortait Dicentim le petit Franc dans Pif-Gadget)

Les anciens lecteurs de Pif-gadget connaissent son personnage de "Couik, l'oiseau préhistorique"  (créé dans le premier numéro de Pif-Gadget en 1969) et surtout "Dicentim le petit Franc", dans le journal à partir de 1973. (et tiens, curieux hasard, Dicentim aura pile 40 ans lorsque ce film sera terminé !). Chaque fois que j'ai évoqué Pif-gadget et les personnages du journal auprès d'anciens lecteurs, au cours du tournage, Dicentim était l'un des rares à être systématiquement cité.

Je ne vais pas m'étendre sur l'immense carrière de Kamb ou ses diverses bandes et albums.
Pour tout savoir sur lui, il y a UN site, et un seul, dans lequel absolument tout ce qu'on peut imaginer sur Jacques Kamb est répertorié par son plus grand fan monomaniaque : Frédéric Maye. Ce site est le DICENTIMBLOG :




Premières rencontres.

J'ai fait la connaissance de Jacques Kamb en 2004, au cours de la soirée de lancement du nouveau Pif-Gadget (déjà mentionnée, avec clip vidéo, dans la chronique précédente).  Plus tard, il a fait partie de l'équipe de "Période Rouge", la revue gratuite (uniquement sur le web) qui proposait une foultitude de dossiers richement illustrés sur l'aventure de Vaillant et Pif-Gadget.
En 2006, je me propose de recueillir auprès de lui un témoignage de son parcours avec Vaillant et Pif, et le premier tournage (en vidéo DV, à l'époque) eut lieu pendant un Salon de la BD de Collection.
Nous nous sommes retrouvés chez lui pour plusieurs sessions d'entretiens filmés.
(photo ci-contre © Totoche)


L'année suivante, j'en tirai un film de 26 mn (inédit, uniquement édité en DVD et mis sur le net par "épisodes", à l'occasion des 75 ans de Jacques) pour lequel je réalisai au passage ma toute première animation (de quelques secondes !) pour le générique, puisque je faisais voltiger Couik au-dessus du royaume de Poilempogne...

La même année, Jacques sortait son premier album consacré au personnage de Couik, auquel très rapidement allaient succéder une dizaine d'autres albums de ses personnages principaux : "Dicentim le petit Franc" et "Zor et Mlouf". Une projection du film et une soirée de dédicaces (en musique !) pour fêter ça eut lieu à Paris...
(Voir les liens vers des séquences du film en fin de cette chronique).


(Quelques privilégiés ont pu se procurer ce petit DVD hors-commerce, à sa "sortie".
Pour ceux que ça intéresse, je peux éventuellement en fournir si on m'écrit pour cela. Comme il est créé à la demande, il en coûterait 12€. 
Je précise que ça ne me rapporte pas un kopeck et que je fais cela à titre exceptionnel, et seulement si on me le demande gentiment et sans faire de fautes d'orthographe... !!)


Deuxième salve :
Fête de l'Huma et confidences...

En septembre 2007, j'accompagnais - toujours armé de ma caméra - Jacques Kamb, Richard Médioni et quelques autres sur un stand de la Fête de l'Huma.
L'occasion de voir Kamb en contexte de dédicace, mais aussi de rechercher à quoi pouvaient ressembler l'ambiance des stands de Pif-Gadget de la grande époque, au début des années 70...
Dans le petit clip que j'ai tiré de ce moment ensoleillé, on retrouve Jacques et son fils, ainsi que Gérard Miller (ha ha) et on se rend compte de la convivialité de cette "camaraderie" qui n'est pas, dans ce cas, un mot uniquement de circonstance... (cliquer sur l'image : )


A cette occasion, j'ai également tourné une séquence dans laquelle on voit Jacques préparer des cartons de ses albums et évoquer ses souvenirs de la Fête de l'Huma. Ces images sont restées inédites et je ne sais pas encore si elle s'inséreront dans le film.

3ème acte : Jacques et les vétérans !

2009 a été le tournant décisif dans l'idée de faire un jour un grand film sur l'histoire de Vaillant et Pif. Puisque j'avais commencé à interviewer d'anciens auteurs, j'allais continuer (tout en écrivant la trame du documentaire) mais les tournages seront désormais en HD : interviews d'auteurs, archives, reconstitutions éventuelles, reportages, et trouvailles en tous genres. Un clip avec André Chéret pour les 40 ans de Rahan, dont les images non montées sont réservées au documentaire, 2 tournages avec Gerald Forton, idem. Et également les rencontres et interviews de plusieurs autres auteurs... mais je préfère garder quelques surprises pour plus tard... ;-)
L'année suivante, un festival organisé à Bourgoin-Jailleu est l'occasion de filmer les retrouvailles de 3 piliers "humour" de l'histoire de Pif-Gadget : Jacques Nicolaou, Yannick et bien entendu Jacques Kamb.
Cette rencontre au sommet du gag n'était pas survenue depuis les années 70 !
(photo © J-Luc M.)
Non seulement l'événement me permet d'archiver des images formidables sur place (rencontres, débats sur Pif-gadget, etc...), mais en prime je mets en boîte des interviews de Nicolaou et Yannick (j'y reviendrai dans une chronique ultérieure) et je rencontre un couple dont l'histoire est "intimement" liée à Vaillant, puisqu'ils vendaient les premiers numéros en 1945 alors qu'ils étaient encore gamins...

Rebelote : "Coupez ! Cette fois, c'est la bonne !"

Depuis la sortie du petit film en DVD consacré à Jacques Kamb (c'était la première fois qu'on s'intéressait en format audiovisuel à la carrière de Kamb !), je me disais qu'il était vraiment dommage que Kamb soit in fine le "mal loti" parmi tous ces auteurs de BD du film, surtout en regard de sa longévité. Mal loti en termes de qualité d'images ! Les interviews ayant servi au montage du sujet en question avaient été réalisées en format DV, tandis que par la suite, tout le monde a eu droit au traitement haute-définition (qui est devenu la norme en télévision, puisque plus aucun poste TV vendu n'a désormais de format "carré", et par ailleurs la définition de l'image est sans comparaison.)

En 2011, nous décidons de nous retrouver chez lui pour une "ultime" séance de torture filmique, et non seulement cela me permet de refilmer des séquences, mais surtout dans l'intervalle d'autres archives et découvertes permettent d'aller un peu plus loin. En outre, ma propre perception de l'histoire de Vaillant et Pif-gadget a beaucoup évolué (surtout après lecture de "Période rouge !") et les sujets abordés sont plus approfondis.
(photo à droite : © Rémy Kamb)

Ci-dessous une image tirée du tout premier tournage d'interviews et ensuite 2 images provenant des rushes HD.
Comme on dit : "y'a pas photo !"... :


(Ci-dessus : image DV du tournage de 2007 - en-dessous : 2 images tirées du tournage HD de 2011)

("Arnal, c'était la perfection !", s'exclame Kamb dans cette séquence)


Pour finir en images : du beau, du bon....


En haut : souvenir des couvertures de Jacques Kamb pour "La vie ouvrière" dans les années 70. Un style dynamique et plein de fantaisie...  Ci-dessous : caricature de Jacques Séguéla dans les années 80. Kamb a "croqué" de nombreux portraits dans ce style, dans les années 80.


Ci-dessous : dernière case du tout premier gag réalisé par Kamb pour la reprise, après 25 ans d'absence, de son personnage Couik... :

Au printemps de cette année s'est tenue une formidable expo consacrée à Pif-gadget... à Bucarest ! 
Si j'en ai le temps, je reviendrai peut-être sur cet événement auquel, malheureusement, je n'ai pu assister. Je tenterai d'en récupérer quelques images "d'archives", histoire de mieux évoquer l'impact de ce journal sur la jeunesse roumaine (et plus largement sur la jeunesse du "bloc Est", privée de lectures capitalistes occidentales... à l'exception des publications Vaillant, encore considérées là-bas comme "camarades" par le régime en place, et permettant accessoirement aux gamins roumains d'apprendre le français avec bonne humeur.... Jacques Kamb fut l'invité d'honneur de l'inauguration, en compagnie de Mircea Arapu, dessinateur ayant repris plusieurs personnages dans la dernière version du journal et dont le blog offre notamment ce petit compte-rendu en images (cliquer sur l'affiche) :

J'aurai l'occasion de reparler ultérieurement de Mircea (interviewé l'an dernier pour le film)... et de la sortie de son livre !  :-)

Et enfin...
UN SCOOP ! Un dessin réalisé pour moi, histoire de se souvenir que Zor et Mlouf, en 1965 dans Vaillant, avaient inventé deux ou trois choses qu'on retrouverait sous une autre forme (mais en moins comique !) au cinéma... :




Cette chronique fut particulièrement longuette.... mais Kamb méritait bien ça !
Promis : la prochaine sera beaucoup plus digeste en lecture !



Les liens pour s'y retrouver :

Le DICENTIMBLOG ! : pour TOUT savoir sur Kamb... et plus encore !

"Le petit monde de Kamb" - séquence dessins de presse

"Le petit monde de Kamb" - séquence "la saga Couik"

"Le petit monde de Kamb" - séquence sur l'histoire de Dicentim

Interview vidéo : Kamb fête ses 75 ans et répond aux questions des lecteurs

Fête de l'Huma 2007 avec Jacques Kamb et l'équipe Vaillant Collector

Le blog de Mircea Arapu