mercredi 8 août 2012

3. Tournages et retournages avec KAMB !

Ah, Jacques Kamb ! 
Je ne sais par où commencer cette longue chronique, car Jacques a été le tout premier des auteurs de Vaillant et Pif que j'aie rencontré et filmé ; celui que j'aurai filmé le plus souvent et le plus longuement ; celui que j'aurai filmé pendant qu'il collaborait avec la nouvelle version de Pif-Gadget (2004-2008) et également après la fin de cette histoire-là ; le tout premier auquel j'ai consacré un DVD sur sa carrière, et puis, tout simplement, Jacques Kamb est devenu un ami.

Inutile de préciser que dans mon film, il tiendra une place importante puisqu'il est le seul auteur de BD vivant à avoir pu travailler dans TOUTES les versions de Vaillant et Pif-gadget, et ce dès le début des années 50 !
Jacques Kamb a débuté comme dessinateur de presse et son trait - assez proche de celui de Jean Effel - a servi en particulier pour des gags ou rubriques "humo" dans le quotidien L'Humanité, puis dans le journal Vaillant. (voir en fin de cette chronique un extrait vidéo sur cet aspect de sa carrière).


(Jacques Kamb en 1973, quand sortait Dicentim le petit Franc dans Pif-Gadget)

Les anciens lecteurs de Pif-gadget connaissent son personnage de "Couik, l'oiseau préhistorique"  (créé dans le premier numéro de Pif-Gadget en 1969) et surtout "Dicentim le petit Franc", dans le journal à partir de 1973. (et tiens, curieux hasard, Dicentim aura pile 40 ans lorsque ce film sera terminé !). Chaque fois que j'ai évoqué Pif-gadget et les personnages du journal auprès d'anciens lecteurs, au cours du tournage, Dicentim était l'un des rares à être systématiquement cité.

Je ne vais pas m'étendre sur l'immense carrière de Kamb ou ses diverses bandes et albums.
Pour tout savoir sur lui, il y a UN site, et un seul, dans lequel absolument tout ce qu'on peut imaginer sur Jacques Kamb est répertorié par son plus grand fan monomaniaque : Frédéric Maye. Ce site est le DICENTIMBLOG :




Premières rencontres.

J'ai fait la connaissance de Jacques Kamb en 2004, au cours de la soirée de lancement du nouveau Pif-Gadget (déjà mentionnée, avec clip vidéo, dans la chronique précédente).  Plus tard, il a fait partie de l'équipe de "Période Rouge", la revue gratuite (uniquement sur le web) qui proposait une foultitude de dossiers richement illustrés sur l'aventure de Vaillant et Pif-Gadget.
En 2006, je me propose de recueillir auprès de lui un témoignage de son parcours avec Vaillant et Pif, et le premier tournage (en vidéo DV, à l'époque) eut lieu pendant un Salon de la BD de Collection.
Nous nous sommes retrouvés chez lui pour plusieurs sessions d'entretiens filmés.
(photo ci-contre © Totoche)


L'année suivante, j'en tirai un film de 26 mn (inédit, uniquement édité en DVD et mis sur le net par "épisodes", à l'occasion des 75 ans de Jacques) pour lequel je réalisai au passage ma toute première animation (de quelques secondes !) pour le générique, puisque je faisais voltiger Couik au-dessus du royaume de Poilempogne...

La même année, Jacques sortait son premier album consacré au personnage de Couik, auquel très rapidement allaient succéder une dizaine d'autres albums de ses personnages principaux : "Dicentim le petit Franc" et "Zor et Mlouf". Une projection du film et une soirée de dédicaces (en musique !) pour fêter ça eut lieu à Paris...
(Voir les liens vers des séquences du film en fin de cette chronique).


(Quelques privilégiés ont pu se procurer ce petit DVD hors-commerce, à sa "sortie".
Pour ceux que ça intéresse, je peux éventuellement en fournir si on m'écrit pour cela. Comme il est créé à la demande, il en coûterait 12€. 
Je précise que ça ne me rapporte pas un kopeck et que je fais cela à titre exceptionnel, et seulement si on me le demande gentiment et sans faire de fautes d'orthographe... !!)


Deuxième salve :
Fête de l'Huma et confidences...

En septembre 2007, j'accompagnais - toujours armé de ma caméra - Jacques Kamb, Richard Médioni et quelques autres sur un stand de la Fête de l'Huma.
L'occasion de voir Kamb en contexte de dédicace, mais aussi de rechercher à quoi pouvaient ressembler l'ambiance des stands de Pif-Gadget de la grande époque, au début des années 70...
Dans le petit clip que j'ai tiré de ce moment ensoleillé, on retrouve Jacques et son fils, ainsi que Gérard Miller (ha ha) et on se rend compte de la convivialité de cette "camaraderie" qui n'est pas, dans ce cas, un mot uniquement de circonstance... (cliquer sur l'image : )


A cette occasion, j'ai également tourné une séquence dans laquelle on voit Jacques préparer des cartons de ses albums et évoquer ses souvenirs de la Fête de l'Huma. Ces images sont restées inédites et je ne sais pas encore si elle s'inséreront dans le film.

3ème acte : Jacques et les vétérans !

2009 a été le tournant décisif dans l'idée de faire un jour un grand film sur l'histoire de Vaillant et Pif. Puisque j'avais commencé à interviewer d'anciens auteurs, j'allais continuer (tout en écrivant la trame du documentaire) mais les tournages seront désormais en HD : interviews d'auteurs, archives, reconstitutions éventuelles, reportages, et trouvailles en tous genres. Un clip avec André Chéret pour les 40 ans de Rahan, dont les images non montées sont réservées au documentaire, 2 tournages avec Gerald Forton, idem. Et également les rencontres et interviews de plusieurs autres auteurs... mais je préfère garder quelques surprises pour plus tard... ;-)
L'année suivante, un festival organisé à Bourgoin-Jailleu est l'occasion de filmer les retrouvailles de 3 piliers "humour" de l'histoire de Pif-Gadget : Jacques Nicolaou, Yannick et bien entendu Jacques Kamb.
Cette rencontre au sommet du gag n'était pas survenue depuis les années 70 !
(photo © J-Luc M.)
Non seulement l'événement me permet d'archiver des images formidables sur place (rencontres, débats sur Pif-gadget, etc...), mais en prime je mets en boîte des interviews de Nicolaou et Yannick (j'y reviendrai dans une chronique ultérieure) et je rencontre un couple dont l'histoire est "intimement" liée à Vaillant, puisqu'ils vendaient les premiers numéros en 1945 alors qu'ils étaient encore gamins...

Rebelote : "Coupez ! Cette fois, c'est la bonne !"

Depuis la sortie du petit film en DVD consacré à Jacques Kamb (c'était la première fois qu'on s'intéressait en format audiovisuel à la carrière de Kamb !), je me disais qu'il était vraiment dommage que Kamb soit in fine le "mal loti" parmi tous ces auteurs de BD du film, surtout en regard de sa longévité. Mal loti en termes de qualité d'images ! Les interviews ayant servi au montage du sujet en question avaient été réalisées en format DV, tandis que par la suite, tout le monde a eu droit au traitement haute-définition (qui est devenu la norme en télévision, puisque plus aucun poste TV vendu n'a désormais de format "carré", et par ailleurs la définition de l'image est sans comparaison.)

En 2011, nous décidons de nous retrouver chez lui pour une "ultime" séance de torture filmique, et non seulement cela me permet de refilmer des séquences, mais surtout dans l'intervalle d'autres archives et découvertes permettent d'aller un peu plus loin. En outre, ma propre perception de l'histoire de Vaillant et Pif-gadget a beaucoup évolué (surtout après lecture de "Période rouge !") et les sujets abordés sont plus approfondis.
(photo à droite : © Rémy Kamb)

Ci-dessous une image tirée du tout premier tournage d'interviews et ensuite 2 images provenant des rushes HD.
Comme on dit : "y'a pas photo !"... :


(Ci-dessus : image DV du tournage de 2007 - en-dessous : 2 images tirées du tournage HD de 2011)

("Arnal, c'était la perfection !", s'exclame Kamb dans cette séquence)


Pour finir en images : du beau, du bon....


En haut : souvenir des couvertures de Jacques Kamb pour "La vie ouvrière" dans les années 70. Un style dynamique et plein de fantaisie...  Ci-dessous : caricature de Jacques Séguéla dans les années 80. Kamb a "croqué" de nombreux portraits dans ce style, dans les années 80.


Ci-dessous : dernière case du tout premier gag réalisé par Kamb pour la reprise, après 25 ans d'absence, de son personnage Couik... :

Au printemps de cette année s'est tenue une formidable expo consacrée à Pif-gadget... à Bucarest ! 
Si j'en ai le temps, je reviendrai peut-être sur cet événement auquel, malheureusement, je n'ai pu assister. Je tenterai d'en récupérer quelques images "d'archives", histoire de mieux évoquer l'impact de ce journal sur la jeunesse roumaine (et plus largement sur la jeunesse du "bloc Est", privée de lectures capitalistes occidentales... à l'exception des publications Vaillant, encore considérées là-bas comme "camarades" par le régime en place, et permettant accessoirement aux gamins roumains d'apprendre le français avec bonne humeur.... Jacques Kamb fut l'invité d'honneur de l'inauguration, en compagnie de Mircea Arapu, dessinateur ayant repris plusieurs personnages dans la dernière version du journal et dont le blog offre notamment ce petit compte-rendu en images (cliquer sur l'affiche) :

J'aurai l'occasion de reparler ultérieurement de Mircea (interviewé l'an dernier pour le film)... et de la sortie de son livre !  :-)

Et enfin...
UN SCOOP ! Un dessin réalisé pour moi, histoire de se souvenir que Zor et Mlouf, en 1965 dans Vaillant, avaient inventé deux ou trois choses qu'on retrouverait sous une autre forme (mais en moins comique !) au cinéma... :




Cette chronique fut particulièrement longuette.... mais Kamb méritait bien ça !
Promis : la prochaine sera beaucoup plus digeste en lecture !



Les liens pour s'y retrouver :

Le DICENTIMBLOG ! : pour TOUT savoir sur Kamb... et plus encore !

"Le petit monde de Kamb" - séquence dessins de presse

"Le petit monde de Kamb" - séquence "la saga Couik"

"Le petit monde de Kamb" - séquence sur l'histoire de Dicentim

Interview vidéo : Kamb fête ses 75 ans et répond aux questions des lecteurs

Fête de l'Huma 2007 avec Jacques Kamb et l'équipe Vaillant Collector

Le blog de Mircea Arapu


samedi 28 juillet 2012

2. Raconter l'histoire malgré les absents...

La première démarche dans le travail de tout documentariste consiste en un "état des lieux" : à quel matériau a-t-on encore accès pour raconter l'histoire en question, et quels témoignages peut-on espérer recueillir ?
Raconter l'histoire de Pif-Gadget sans remonter à ses origines eut semblé relativement facile, puisque ce journal est né officiellement en 1969. Pourtant, la majeure partie de ses auteurs "historiques" a disparu... Des scénaristes des débuts (qui furent aussi les principaux) Roger Lécureux et Jean Ollivier, aux dessinateurs et/ou auteurs géniaux que furent (dans le désordre) Cabrero Arnal, Raymond Poïvet, Raphael Marcello, Jean Tabary, Jean-Claude Poirier, Paul Gillon, Lucien Nortier, Jean Cézard, Michel Motti, Roger Mas, et j'en passe...  sont partis dans un monde meilleur avant d'avoir pu participer à cette saga.


(ci-dessus : Cabrero Arnal, Jean Cézard et Roger Mas, en 1973)

Heureusement, certains auteurs et dessinateurs ayant contribué aux grandes heures de Pif-Gadget sont encore parmi nous pour m'aider à raconter leur histoire ! 
Je ne les mentionnerai pas tout de suite pour ménager quelques surprises ...

Cela dit, quel intérêt de réaliser un documentaire sur l'histoire de Pif-Gadget sans raconter celle du journal Vaillant, qui en fut la matrice ? Autant raconter l'histoire du pain sans parler de la farine...
Ci-contre, le dernier numéro du journal intitulé encore "Vaillant - le journal de Pif" avant son changement radical de formule, qui allait ouvrir sur un quart de siècle de transmutations successives. En cliquant sur la couverture, on accède à une page du blog "Vaillant-pif-gadget" qui évoque en images son contenu.
A lire aussi, sur le site "Pif-Collection"

Après la rencontre amicale avec Richard Médioni (au sujet duquel je reviendrai en septembre !) la première prise de contacts très informelle avec les anciens de Vaillant et Pif eut lieu en 2004 au Bataclan. On y fêtait ce soir-là une "résurrection" du journal Pif-Gadget, qui se révélerait éphémère mais suscitait alors un énorme enthousiasme. 
Parmi les auteurs présents je fis notamment la connaissance de Jacques Nicolaou (dessinateur de "Placid et Muzo"), de Jacques Kamb (Couik, Dicentim le petit Franc) et surtout de Jean Ollivier, peut-être mon scénariste préféré de l'histoire Vaillant / Pif-Gadget, dont le sens de l'aventure humaine avait fait rêver les lecteurs des séries "Yves le loup" ou "Capitaine Cormoran" dans Vaillant, puis "Docteur Justice" ou "Loup-Noir" dans Pif-Gadget... Nous nous promîmes de nous revoir ultérieurement, tandis que je captais quelques images-souvenirs de la soirée, avec un petit camescope DV.
Malheureusement il disparut l'année suivante, sans que j'aie pu le revoir.


Quelques images de la soirée de ressortie de Pif-Gadget en 2004 :

L'absence des 2 scénaristes "historiques" du journal (Roger Lécureux, le plus prolifique de tous, s'était éteint en 1999) augurait mal de l'avenir de mon projet.
En 2006 je repris mon bâton de pèlerin, caméra en main, profitant de la présence de 2 auteurs sur le salon de la BD au Parc Brassens (15e arrondissement).
Je ne parlerai pas ici de Jacques Kamb, auquel je consacrerai la semaine prochaine un long article, tant il m'a ouvert de portes et de pistes pour ce film, mais d'André Joy.

De son véritable nom André Gaudelette, ce Monsieur de la BD avait un style graphique absolument unique en son genre. Ma découverte assez récente des différentes époques du journal Vaillant et notamment de ses bandes, m'avait laissé un souvenir émerveillé. 
Un peu timidement, je lui demandai l'autorisation de tirer de notre rencontre impromptue quelques images que je me proposai de mettre en ligne ensuite et dont je lui ai d'ailleurs envoyé une copie en DVD. D'une grande gentillesse sous ses airs bourrus, il ne se contentait pas d'une simple dédicace pour les lecteurs, mais réalisait à leur intention un vrai beau dessin qui lui prenait un quart d'heure. D'ailleurs, on m'a raconté qu'il emportait souvent des albums chez lui (quand il restait 2 jours sur un salon) et s'astreignait à réaliser pour chaque lecteur  qui n'avait eu sa dédicace un magnifique dessin, qu'il leur remettait le lendemain...
Je conseille à tous les amateurs de belle BD de se procurer les albums rééditant les bandes d'André Joy, en commençant par "Jojo des rues" et "P'tit Joc" !

André Joy participait parfois au Salon de la BD de Collection organisé par le regretté Georges Gasco. J'espérais le revoir pour un entretien qui me permettrait de recueillir ses souvenir de Vaillant (il avait quitté le journal en 1956, furieux de l'absence de réaction du PCF après l'intervention russe en Hongrie - cette simple anecdote donne à la fois une idée du personnage mais plus encore, une idée des contradictions au sein du PCF et du journal Vaillant à l'époque, élément précieux pour ma réflexion sur l'histoire du journal).
Malheureusement son état de santé se dégradait et je n'osais le contraindre à un entretien vidéo dont il semblait peu friand...

Il nous a quittés en mars, et j'en parlais dans une chronique ici, qui fut l'occasion d'évoquer aussi Georges Gasco et mettre en ligne une version de meilleure qualité du petit clip que j'avais tiré de notre courte rencontre :



Il ne sera pas dans le film, malheureusement.
Mais d'autres y figureront, et pas des moindres ! La plupart (une quinzaine !) sont "déjà en boite" tandis qu'il me reste à partir à la rencontre d'une poignée d'autres : dessinateurs, scénaristes ou rédacteurs.



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La semaine prochaine, justement, j'évoquerai les rencontres avec Jacques Kamb, un "pilier" qui a accompagné quasiment toute l'histoire de Vaillant à Pif-Gadget et auquel j'ai déjà consacré plusieurs sujets en vidéo (me réservant tout de même de précieuses images inédites et séquences magnifiques pour le film à venir !). 

A la semaine prochaine !



jeudi 19 juillet 2012

1. Moteur !

Qu'on appartienne à la génération des vieux trentenaires ou à celle des jeunes quinquas, le nom de "Pif-gadget" suffit pour qu'immédiatement toute une ribambelle d'images colorées surgissent à l'esprit : pour les uns c'est le souvenir des fameux gadgets qu'on déballait le jeudi matin (puis le mercredi ou le lundi ou le samedi, selon la période...) pour les casser souvent avant le coucher du soleil. Les autres, les plus nombreux, ressentent évidemment un vent de nostalgie liée à ces compagnons d'enfances qui se nommaient Rahan, Docteur Justice, Placid et Muzo, Totoche, Dicentim le petit Franc, Gai-Luron, ou pour les plus pointus d'entre eux, les Pionniers de l'Espérance ou Corto Maltese...

Pour les Français nés juste avant ou après la Seconde Guerre, c'est le nom "Vaillant" qui résonne à la manière d'un cri de ralliement, et qui recoupe une histoire assez extraordinaire de la bande dessinée française, pendant un quart de siècle... avant la mue de la fin des années 60 : "PIf-Gadget" prendra alors (en février 1969) le relais pour un autre quart de siècle.
Car - il est toujours bon de le rappeler pour les plus jeunes - "Vaillant", c'est bien l'organe de presse, issu des jeunesses communistes résistantes, qui est devenu à la fois le concurrent direct de la presse jeunesse franco-belge (Spirou, Tintin, etc..), de la presse jeunesse française catholique (groupe Bayard et Fleurus) et des illustrés d'origine américaine (qu'on trouvait dans "Robinson", puis "Mickey", etc..)

Voilà pour un résumé très très succinct.

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(Le 1er numéro de Vaillant (en fait le n.31 du "Jeune Patriote"), puis une version de "Vaillant le journal de Pif" dans les années 60, et enfin le 1er numéro de "Pif-Gadget" en 1969)

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Depuis 2007, j'ai entrepris un premier travail de recherches et surtout d'enregistrement de témoignages audio-visuels. Il s'agissait dans un premier temps d'accompagner en quelque sorte le travail effectué par l'équipe qui avait publié un beau livre consacré à l'histoire du journal Pif-Gadget, et de multiplier les contacts avec les anciens auteurs du journal, pour faire partager sur les nouveaux médias (internet...) leur expérience dans cette presse jeunesse dans les années 50 à 90. 
La page Dailymotion consacrée à ces vidéos se nomme "Gadgetus" - titre des pages des premiers Pif-Gadget consacrées au gadget ! - et y regroupe les vidéos tournées sous le sigle générique "Nos années Vaillant / Pif".

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FLASHBACK : un reportage-documentaire vidéo sur Pif-Gadget en 1999 !
En 1999, le réalisateur Marc Rouchairoles a eu l'idée de suivre les pas d'un collectionneur et fana de Pif-Gadget, Christophe Ménier, pour aller à la rencontre des auteurs du journal.
Ce documentaire existe encore sous forme de DVD. On y découvre quelques grandes "vedettes" du journal, et notamment quelques "figures" aujourd'hui disparues, telles que Roger Lécureux (scénariste de Rahan et membre historique de la rédaction des débuts), Jean Tabary, Paul Gillon, etc... Réalisé avec des moyens limités et dans le format vidéo de l'époque, ce film permet néanmoins de voir à l'oeuvre et d'écouter parler ces artistes, ce qui en fait de facto une archive historique incontournable !

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En 2004, la ressortie du titre "Pif-Gadget" sous une nouvelle forme pendant 3 ans, malheureusement éphémère, avait également relancé l'intérêt pour cette histoire.

Richard Médioni, ancien rédacteur en chef de Pif-Gadget et auteur du livre "Pif-Gadget, la véritable histoire - des origines à 1973", m'avait vivement encouragé à poursuivre mes travaux de "recueil de témoignages" en vidéo et je m'étais décidé à en faire un grand film documentaire qui ne se contenterait pas d'une succession d'interviews, mais tenterait au fil de ces témoignages de reconstituer l'évolution d'une certaine jeunesse française durant les "trente glorieuses", et de raconter la manière dont on s'adressait à eux, dont on nourrissait leur imaginaire, et au passage ce projet serait également une manière de remettre certaines pendules à l'heure, de restituer l'histoire contemporaine "populaire" vue et vécue à travers le prisme de la jeunesse. Le fait que les éditions Vaillant soient issues directement de comités liés au PCF est évidemment une sorte de "pierre angulaire" de cet édifice, mais l'évolution du journal et la qualité de ses auteurs s'est parfois révélée totalement indépendante de cette quasi-tutelle.
Et puis, il reste beaucoup de faits et d'informations formidables à partager, faire connaître, parfois corriger. Un fourmillement d'images et d'archives pour offrir un éclairage, sinon totalement original, en tous les cas très riche et stimulant, pertinent et impertinent, parfois émouvant sur cette période "illustrée".


(ci-dessus : Richard Médioni, lors d'un long entretien pour le film, tenant en mains une pièce très recherchée des collectionneurs : le fameux Pif-gadget contenant les "pois sauteurs"... encore dans son emballage d'origine !
Ci-dessous, Georges Rieu, rédacteur en chef qui a lancé la formule "Pif-Gadget", ici s'amusant d'être caricaturé par Gotlib dans un gag de Gai-Luron...))

Depuis 4 ans, ce projet documentaire s'est développé, et il prenait parfois la tournure d'une course contre la montre. Les auteurs et ancien collaborateurs de Vaillant et Pif-Gadget encore parmi nous ont souvent démarré leur carrière dans les années 1950 ! Pour certain, comme Kline (dessinateur de la bande "Loup-Noir" dans Pif-Gadget), cette carrière a même démarré à la fin des années 40. (il a aujourd'hui 91 ans)
Par conséquent, il y a une certaine urgence à recueillir des témoignages.
Je me suis suffisamment lamenté sur le fait de n'avoir pu interviewer Raphaël Marcello et Jean Ollivier (respectivement dessinateur et auteur de "Dr. Justice", disparus à 2 ans d'intervalle, en 2005 et 2007), ni Jean Tabary (décédé en 2011), Roger Mas (dessinateur le plus ancien de Pif après son créateur Arnal), disparu en 2010, Paul Gillon (également décédé en 2011)...
Travaillant seul en fonction des possibilités et des rencontres, mais à chaque fois dans un cadre professionnel (tant pour l'image HD que pour la prise de son), j'ai ainsi pu récolter des images inédites et souvent très précieuses.
Une vingtaine de témoignages et d'autres images forment le coeur de ce corpus d'un genre particulier, visant à restituer une certaine mémoire illustrée de la jeunesse française (mais également hors de France, comme nous aurons l'occasion d'en parler !).

(ci-contre : dessin-gag de Jacques Kamb, peu après notre première rencontre... par caméra interposée !)

Les prochains articles de ce blog apporteront quelques éclairages sur divers personnages rencontrés durant le tournage, évoqueront les tournages eux-mêmes - passés ou à venir - ainsi que les documents trouvés, les recherches en cours, et constitueront (comme l'intitulé du blog le laisse pertinemment entendre... haha) une sorte de "journal de bord" de cette entreprise démarrée il y a plusieurs années et qui connaîtra un aboutissement à la fin 2013.

Et ce n'est pas tout...

D'autres événements liés à l'univers de Vaillant et Pif se profilent à la rentrée... et les lecteurs de ce blog en seront les premiers informés !
Des surprises de taille... 
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Mais avant toute chose, je profite de ce 1er article du journal de bord pour partager quelques liens très utiles ou amicaux, qui ont permis parfois de démarrer une belle histoire, ou bien donnent à voir et parfois découvrir pour la première fois des documents magnifiques. C'est ma manière de les remercier d'être, eux aussi, ces ados éternels et éternellement émerveillés qu'on ait pu s'adresser à leur enfance en leur ouvrant autant de portes...

(une série extraordinaire de fascicules retraçant de nombreux épisodes de l'histoire de Vaillant et Pif-Gadget, réalisés par Richard Médioni et Françoise Bosquet, avec l'aide d'Hervé Cultru, Mariano Alda, Bernard Ciccolini et plein de collaborateurs enthousiastes. Et c'était gratuit ! Malheureusement les numéros ne sont plus en ligne...)

(Le site par lequel beaucoup de choses ont démarré, et notamment le livre de Richard Médioni, qui avait en quelque sorte lancé sur ce site les premiers articles de son futur ouvrage) - réalisé par Philippe Baumet

(on y retrouve une série de clip et vidéos exclusives consacrées à des personnalités ou événements liés à Vaillant ou Pif)

(Une partie du forum "Pimpf" est consacré à l'univers de Vaillant et Pif)

(On y trouve régulièrement des articles mettant en valeur de magnifiques illustrations choisies dans l'histoire du journal Vaillant ou Pif)

Les liens vers d'autres sites "amis" et généralement incontournables viendront agrémenter les articles suivants... ;-))

Jean-Luc Muller - juillet 2012



Clin d'oeil : dans le film "Peur sur la ville" d'Henri Verneuil (tourné en 1974, alors que Pif-Gadget est encore à son apogée !), on voit Jean-Paul Belmondo feuilleter un... "Docteur Justice")